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Dijon

Mutual Help Workshop Internet Alternatif For Biginners, How does it work?

Deux ateliers d'entraide ont eu lieu et ont été très appréciés par les participant-e-s. Ces ateliers pourraient donc être à nouveau proposés lors de la rencontre centralisée et lors d'autres rencontres. Voici quelques clés pour en organiser. Les ateliers d'entraide sont un moyen solidaire de rendre accesibles les outils numériques alternatifs.

L'animatrice/teur a besoin d'avoir quelques connaissances de base mais n'a pas besoin d'être spécialiste. Être usager averti de l'internet alternatif est largement suffisant.

C'est assez simple à organiser mais cela demande une animation spécifique. On peut commencer par exemple par faire un tour de parole ou chacun annonce ce qu'il aimerait apprendre ET les savoirs qu'il aimerait partager. Le tout est noté sur un tableau, on peut faire 2 côtés, l'un pour les demandes et l'autre pour les offres. On essaye de voir s'il y a des correspondances. Puis on entame les réponses aux questions.

La personne qui anime, pose la question au groupe. Même si elle peut répondre aux questions l'animatrice/teur doit s'efforcer de ne pas y répondre (ce qui n'est pas toujours facile... surtout quand on est passionné-e). L'animatrice/teur doit plutôt solliciter le groupe : quelqu'un sait ce qu'est un wiki et comment cela marche ? Tout l'art de l'animation d'un atelier d'entraide consiste à amener les participants à partager leurs savoirs et donc à mettre en condition pour que les personnes même les plus timides osent expliquer et transmettrent leurs connaissances.

L'idéal est lorsque l'atelier est auto-animé mais cela demande aux participant-e-s une régularité et une connaissance de l'animation de ce genre d'atelier. Quelques exemples de questions / réponses :Qu'est-ce qu'un logiciel libre ? Les logiciels libres apportent liberté et autonomie par rapport aux grosses compagnies commerciales. Ils sont libres d'usage, de copie, de modification et de diffusion. La licence est gratuite. Ils sont souvent réalisés par des informaticien-ne-s bénévolement. Ils sont l’alternative aux logiciels propriétaires comme Microsoft-Windows®, qui sont réalisés par des multinationales, cachent leurs codes de programmation, interdisent l’adaptation à ses besoins, le prêt ou la copie à ses amis et sont généralement payants.Où peut-on trouver des logiciels libres pour Windows? =>http://www.framasoft.netQu'est-ce qu'un wiki? Un wiki est un logiciel libre qui permet d'éditer très rapidement en ligne. Il peut aussi faciliter le travail collectif. Il suffit de cliquer sur "Éditer", d'écrire, puis de cliquer sur "Sauver", une nouvelle version de la page sera alors sauvegardée. Il est possible de restaurer les anciennes versions. Il y a plusieurs type de wiki. Le wiki de stamp.poivron.org est "MoinMoin", il y a aussi "wikini" qui est très simple et "mediawiki" qui est celui utilisé par wikimedia.******************

Bellevue


BRIBES SAISIES AU MATIN DU VENDREDI 24 AOUT

"De toute façon, Monsanto et les faucheurs, c'est les mêmes. Monsanto paye les faucheurs", lance un blagueur pas très réveillé. Sous le grand barnum bleu qui sert de réfectoire, on rit un peu. Il pleuviote. "Attention, un obscurantiste", rétorque Antoine. Dès le petit-déjeuner, il y a une conversation assez nourrie entre les plus matinaux sur les scandales de la Générale des Eaux. A côté, ça discute du film projeté hier soir, "The Future of Foods". Le débat de la veille a macéré un peu. Gaïa était un peu déçu par le débat d'hier. "On retombe toujours sur l'utilisation des médias dominants et du droit, regrette-t-il. On zappe l'engagement individuel."

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Vale, qui habite à Longo Maï, a présenté hier ce célèbre lieu de vie collectif, au cours d'un atelier sur l'économie et l'échange. C'était une demande de plusieurs personnes présentes à Bellevue. Mais, tient-elle à préciser, "à titre personnel". Parce que la vie, à Grange Neuve, "est tellement variée, vaste et hétérogène que c'est difficile de n'avoir qu'un seul point de vue." Par ailleurs, pour elle, le dernier jour ensemble, le dimanche, "c'est important de le garder libre, pour pouvoir discuter de façon non organisée, laisser l'espace à l'improvisation, en faire une journée sans horaire ni thème prédéfini". Il y a l'idée de faire un grand jeu, "c'est une bonne idée".

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Il y a trois Italiennes à Bellevue, dont deux qui s'appellent Valentina. Et l'autre, Ilenia. Valentina, étudiante à Milano, apprécie qu'il y ait d'un côté la pratique et de l'autre la parole, et pas seulement des débats. En une semaine, elle a ramassé des légumes sur les terres d'une coopérative de maraîchage bio, elle a fait du pain chez Thierry à La Roussille... "Je peux voir comment la théorie peut devenir la pratique... Le discours de l'autonomie matérielle est très politique. L'activité politique bien sûr, c'est aussi faire des manifestations, des campagnes sociales, c'est aussi la vie quotidienne, choisir comment vivre..." Chaque geste dans la journée, choisir d'utiliser les toilettes sèches, ne pas utiliser beaucoup d'eau, ce ne sont pas seulement pour l'écologie, c'est aussi politique. " Dernière chose: la vie collective, le partage des tâches, c'est pas quelque chose d'habituel à la ville, c'est très différent de la ville, où tu es toujours seul, tu partages rien."

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"Nan, pas tout de suite". "J'ai pas encore les neurones connectées..." Déjà deux personnes qui disent que ce n'est pas le moment pour ce journal, que c'est trop tôt le matin. Seulement voilà, le journal doit partir vers ce midi pour Dijon... Insistons un peu.

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Scrivo in italiano perchè è la mia lingua e dunque è più facile esprimere i moltiplici pensieri che in questi giorni mi sono rimbalzati in mente....sono Ilenia e vengo da Milano, una grande città dove è difficile mettere in pratica la voglia di autonomia da un mondo commerciale e superficiale.. ma l'immersione in questo spazio verde dona una carica e una voglia di cambiamento che é difficile esprimere. Quello che sto apprendendo e quello che sto approfondendo in questo incontro mi aiuteranno sicuramente a cambiare quacosa nel mio modo di vita cittadino... Sottolineo soprattutto l'autonomia della salute e dell'alimentazione, che sono per me due elemeti fondamentali nella vita ma difficile da controllare autonomamente in una città. Metto insieme le conoscenze messe a disposizione da persone più esperte e ne faccio tesoro... E sono sempre contenta di sapere che uno stile di vita alternativo è possibile...basta volerlo. Grazie a Bellevue. Arrivederci a Digione.

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Voilà. Iliana, plus à l'aise dans son italien maternel, vient de saisir le clavier. Les cafetières sont vidées les unes après les autres. On devient plus loquace. Place à Lanja et Drikes qui dans deux heures partent à Paris (dans le 75).

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Restée très impressionnée par l'atelier maternité et accouchement, orienté sur l'accouchement à domicile... J'ai toujours vu des accouchements "assistés", soit par des médecins, soit par des sages-femmes. Mais j'ai sous-estimé la possibilité pour une femme d'accoucher "par elle-même" (mais pas SEULE!!!). Ca m'a toute tourneboulée... Je crois qu'il faut à tout prix que chaque femme puisse avoir ce choix pour mettre au monde et qu'il faut absolument diffuser ces informations, ces témoignages. Pour gagner sur l'autonomie. A part ça, deux expériences toutes sensuelles. D'abord faire du pain!! C'est doux, c'est moëlleux, ça sent bon ! Toute cette force déployée pour faire une petite miche toute douce! Et puis massage le soir!! C'était comme une drogue à la fin, j'aurais pu masser toute la nuit.... Merci à tous, VELOMA

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REVOLUTION OU DISPERSION : DECROISSANCE & SIMPLICITE VOLONTAIRE FACE A L'HYDRE DU BLABLA C'est un plaisir de découvrir de nouveaux écolieux militants, avec leurs paysages colorés, leurs jardins bio, leurs animaux, leurs décorations originales, leurs équipements bricolés, leurs habitants passionnés... Ceci dit, je m'aperçois que mon plaisir est fréquemment menacé par la pollution verbale et écrite de certain-e-s personnes qui versent dans une idéologie moderne portée par toute une vague d'universitaires boboïsés : cette idéologie n'est pas le communisme ni le libéralisme mais le PEDANTISME, une diarrhée verbale reconnaissable à sa prétention et à l'usage de mots savants non justifiés (ex : "syncrétisme" pour "mélange"). Ce qui m'inquiète dans cette tendance, c'est qu'elle rejoint l'idéologie de nos adversaires technocratiques, à savoir "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?" On commence par se prendre pour un savant et on finit par vouloir inventer des gadgets technologiques et rêver de régner sur les foules admiratives... "La parole est d'argent mais le silence est d'or", dit la sagesse populaire. Il y en a marre de ces conférences interminables interdites aux non-Bac+5 où un public homogène et passif est invité à absorber en applaudissant la Haute Pensée de ces pédants sergelatouchiens qui font les beaux pendant des heures sans faire avancer le schmilblick. Il me semble que le mouvement altermondialiste, soucieux de ne pas se couper des milieux populaires, doit mettre en application la décroissance et la simplicité volontaire AU QUOTIDIEN, y compris dans ses discours. A quoi bon rabâcher encore et encore des analyses et des commentaires sur les maux sociaux et écologiques, à coups de conférences, de brochures et de bouquins dont l'entassement n'est guère écolo ??? Il me semble que ces maux sont maintenant bien connus, et la seule question qui devrait nous occuper est celle du "qu'est-ce qu'on fait ?" Ne pas oublier que nous vivons en état d'urgence, en état non pas de "désobéissance civile" mais bien de "légitime défense", face aux prédateurs de tout poil, qui eux n'auront pas de beaux et longs discours pour nous anéantir. Blablater à l'infini ne peut que faire le jeu de nos adversaires. Je propose d'enterrer notre ego, notre orgueil pseudo-intello, et de nous accorder au plus vite sur des actions concrètes, efficaces, festives, etc, un raz-de-marée d'actions locales et globales quotidiennes qui peut faire basculer la société dans notre sens, dans notre culture métisse et bigarrée du do-it-yourself imaginatif, créatif, constructif, solaire. Amen. ( drikes01@caramail.com )

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Midi. Benoît s'apprête à partir. Par où commencer pour raconter cette semaine intense ? Par le début: arrivé trois jours avant le début "officiel" de la rencontre, c'était intéressant de s'imprégner à l'avance de ce qui allait se passer, de ne pas tomber directement dedans, dans une forme "plus ou moins de consommation où tu arrives et repars sans implication ni entraide à la mise en place". J'aurais bien aimé rester pour le démontage mais c'est impossible, je débute dans une activité professionnelle, la fabrication de compléments de fertilisation et de produits de traitement pour l'agriculture, à partir de plantes sauvages récoltées dans leur écosystème. Je vends samedi et dimanche sur des marchés biologiques, dans l'Indre." A Bellevue, Benoit a commencé à construire un four solaire. D'expérience, dit-il, pour faire une ratatouille pour cinq il faut environ quatre heures. Et pour un boeuf bouguignon, enfourner vers 10 heures pour que ça soit prêt vers 18 heures. Si le temps est ensoleillé, bien sûr. Plusieurs personnes ont participé à la construction, inachevée. Ca a pris plus de temps que ce qu'il imaginait. Voilà donc une occasion de revenir le finir, et d'échanger plus avec les habitant-e-s de ce lieu de vie, d'autant qu'il est, justement, "en cours d'installation collective à la campagne, sur des terres et des bâtiments achetés en commun, dans le sud de la Haute-Vienne." Pas très loin. Il y aura des échanges entre ce lieu et Bellevue et d'autres lieux du plateau comme la Zap, la zone d'autonomie permanente, à Peyrelevade. Globalement la semaine était "très riche, très intense. Difficile, parfois, de supporter tant de monde. Je sortais d'un mois et demi avec plein de gens chez moi, donc il a fallu des moments d'isolement, une heure par-ci par-là, pour mieux apprécier les échanges, les situations, les ateliers, la vie sur place." L'organisation a été bien faite malgré la nécessité parfois de relancer "les gens" dans l'implication dans les tâches collectives comme la cuisine, ce qui est un peu dommage. Peut-être que cela montre certaines limites. Peut-être est-ce dû à la diversité des gens, au fait que certain-e-s ne connaissaient pas bien la vie collective. Une chose le frappe: "Aussi bien dans le milieu écolo que libertaire, en général, il semble y avoir un petit manque de prise en compte du handicap physique. Les infrastrcutures comme les douches et les toilettes font que quelq'un-e en fauteuil aurait eu des difficultés à participer à un tel rassemblement." Un petit échange s'engage avec un des habitants organisateurs, et on convient que Bellevue est finalement peut-être plus accessible qu'un site urbain. "Comme on construit tout on peut agrandir les portes facilement", dit Loïc. A côté des ateliers clairement axés sur l'autonomie politique et matérielle on a trouvé à Bellevue des séances de massage et d'expression vocale, des moments festifs. Ils sont aussi importants. Ils modifient la relation à l'autre et jouent sur les liens sociaux et humains, d'une manière qu'on ne connaît pas ou peu dans les relations humaines classiques. C'était très intéressant, enfin, de ne pas rester "confinés" à Bellevue tout le temps. Il y a eu des sorties et des échanges. Le lieu n'est ni replié ni isolé puisque les participants à cette rencontre AMP sont sortis filer des coups de main, concrètement, dans des potagers du coin et sur une tourbière. Que dire de plus ? C'est déjà l'heure du départ et c'est dur. Lâcher tout ça en cours de route alors qu'il y a encore plein de monde. quand tout retombe, quand tout se repose il y a un petit contrecoup. Mais ça ne dure que deux ou trois jours. En fait le moral est remonté à bloc pour un bon petit moment.

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Je m’appelle Ayari et je viens de Genève. Je suis habitante du plus grand et ancien squat de la ville, le RHINO. Nous sommes soixante-dix habitants. Me retrouver à la campagne, entourée de cinquante personnes qui se réunissent pour discuter de politique et évaluer, réfléchir, programmer des actions communes, n’est pas nouveau pour moi. Par contre en ville on n’a pas souvent l’occasion de mater un film sous les étoiles ou bien de rigoler avec une petite pièce de théâtre à l’air libre, qui ouvre des réflexions sur la santé mentale et le stress. Ce ballon d’idées, de devoirs et de reproches qui nous attache la tête, puis un bon jour il explose… Petit-déjeuner collectif : du bon pain fait ici-même, des confitures maison, du café zapatiste. Alors là, c’est clair qu’en ville on mange moins sain. Et pour quoi est ce qu’on est là ? Notre débat politique fait bien preuve de l’inquiétude que nous portons sur l’avenir, sur le bien être général. Nous sommes là, en tant qu’individus pour penser et agir pour les autres. Je connais cela. J’ai participé à plusieurs réunions, mobilisations et rencontres : le “no border camp” à Strasbourg, le G8 à Genova et à Genève, les anti-WEF à Davos…. Dans tous ces rassemblements il s’agit de se mobiliser en collectif pour le bien de l’humanité. Or que se passe-t-il lorsque l’individu ne va pas bien, lorsque moi j’en ai marre, lorsque “j’ai le blues”, lors que je suis déprimée ? Est-ce que j’ai le “droit” d’en parler ? De distraire l’attention de la collectivité, occupée dans le sauvetage du monde avec mes petites préoccupations ? Est-ce que ce n’est pas une réaction égoïste que de demander l’attention pour moi toute seule ? Ce qui est particulier à Bellevue : on se retrouve à cinquante personnes et non pas à cent, dans un milieu rural, ce qui permet d’avoir un contact plus proche entre tous. J’ai le sentiment d’être dans un groupe avec une grande disponibilité pour écouter et pour discuter. Et pour discuter, non seulement de comment sauver le monde, mais aussi, de ce qui nous est intime. Dans le cadre des ateliers proposés nous avons pu témoigner des expériences qui mènent à des pistes concrètes de prise en compte et prise en charge de la souffrance psychique. Le physique n’a pas été laissé de côté. Jeudi après-midi nous nous sommes aventurées dans un auto-examen gynécologique. Il s’agissait de nous explorer nous-mêmes, à l’aide d’un spéculum, d’une lampe et d’un miroir. Observer notre vagin, chercher le col cervical… Pour la plupart d’entre nous cela a été la première fois qu’on a pu accéder à cet espace contrôlé une fois par année par le gynéco et observé depuis l’extérieur par notre partenaire. Discuter en groupe (non mixte) sur la masturbation féminine, sur le plaisir : savoir le demander, savoir en parler et le rechercher. Et pour quoi pas en discuter avec eux?. Certains ateliers à Bellevue ont permis d’approcher le collectif à partir du rapport à nos corps et à notre psyché. C’est à dire, mettre en lien le rapport à notre personne, la perception que nous avons de nous-mêmes, la connaissance de notre “je”, avec le collectif. Démarche qui nous permet de nous poser plein de questions sur le corps, les émotions, la souffrance et le plaisir, c’est à dire, de nous renvoyer à nous mêmes et aux interactions avec notre communauté la plus proche. C’est une approche qui m’a semblée assez innovatrice dans un milieu qui se soucie principalement des grandes causes mondiales.








2-Réflexions sur la pertinence de la justification de nos limites dans les luttes D’anciens militants des années 1970 sont de mauvaise foi, intellectuellement malhonnêtes, ils réécrivent leur trajectoire a posteriori pour en justifier les errements. Le pouvoir sait comment encadrer les luttes, les récupérer, les vider de tout potentiel subversif. Quels sont ces mécanismes individuels et collectifs ? Il faut les analyser pour nous, pour ne pas reproduire, se faire piéger de nouveau. N’y a-t-il pas à chercher dans ce que nous identifions comme nos limites ? A un moment, dans une lutte, on se dit je ne peux pas aller plus loin, continuer comme ça, parce que ça touche à mes interdits moraux, à ma capacité à vivre les relations au sein de mon organisations… Bref on a atteint ses limites. Certes, mais à quel moment décide-t-on avoir atteint ses limites ? Se dire qu’on a atteint ses limites, n’est-ce pas se protéger ? On s’arrête sur le constat et on ne va pas plus loin. Se donner une limite, c’est se limiter à la constatation de quelque chose. Ne pourrait-on pas aller plus loin en travaillant cette limite ? Ces limites que l’on se donne et auxquelles on s’arrête, notamment dans le moments où une lutte aborde une tangente, un point de non retour, ces limites que l’on justifie si facilement dans nos milieux prolixes en discours, ne sont-elles pas une auto-censure qui mériterait d’être travaillée ?

Balade reconnaissance de plantes avec Thierry Thévenin à Bellevue, AMP, août 2006

www.herbesdevie.com

Il existe près de 6000 espèces de plantes en France, dont 1800 environ en Limousin Avoir une flore de reconnaissance des plantes. Autres sur les plantes sauvages : Pierre Lieutaghi : Le Livre des bonnes herbes et Arbres, arbustes et arbrisseaux Ed. Actes Sud Les plantes témoignent du passé et du présent d'un lieu. Elles sont une réponse à une question donnée du sol, de l'endroit. Les fonctions qu'elles ont pour la terre sont souvent proches des fonctions qu'elles ont pour nous soigner. Elles ont un impact long : par exemple l'ajonc témoigne d'une forêt ravagée par le surpâturage, et cela se voit encore 50 ans après. Souvent, les noms de plantes dans les ouvrages spécialisés sont suivis de « L. » ; cela signifie qu'elles ont été identifiées par Ligné. Il n'y a pas une plante à prendre toute sa vie tous les jours. Penser que les plantes ont un cycle de vie, qu'on peut nous suivre pour les utiliser (par exemple, faire une cure de sève de bouleau au printemps, quand la sève monte, pendant 2-3 semaines, pas plus).

Quelques règles de cueillette/ ramassage : ramasser la partie de la plante où il y a le plus d'énergie vitale (fleur quand c'est en floraison, fruit et non plus les feuilles quand c'est en fruit...) respecter la forme naturelle de la plante (les « boules » des lavande, bruyère, thym, sarriette) demander la permission et remercier les plantes de ce que vous leur prenez ne jamais tout cueillir (laisser minimum un quart pour la reproduction) revenir l'année suivante pour voir le résultat de son travail de cueillette ne pas cueillir aux bords des routes, ou près des lieux d'évacuation des eaux usées où l'on trouve surtout des plantes dépolluantes qui accumulent les toxines. cueillir là où la plante est présente en grand nombre, ne pas cueillir une plante isolée « prendre la plante dans l'endroit où elle rayonne, où elle est très présente, où l'on ne voit qu'elle » la meilleure qualité de plante se trouve en début de floraison, le maximum d'énergie correspond au moment où le pollen est toujours présent. Ne prendre de la plante que ce dont on a besoin.

Différentes utilisations des plantes : pour soigner : mâcher la plante, avaler ou seulement extraire le suc en tisane : mettre dans l'eau froide, chauffer jusqu'à frémissement / début d'ébullition. Arrêter le feu, laisser infuser 10 mn avec un couvercle. Filtrer et servir. Ne pas utiliser de casserole en métal, plutôt en émaillée, en terre ou verre. Ne faire bouillir aucune plante à mucilage, car détruit au dessus de 80°. Si on décide une infusion à basse température, on peut laisser infuser plus longtemps(30mn, 1h). Cas spécifique : la Reine des Près : ne pas la faire chauffer au-dessus de 70°. en décoction en inhalation en teinture mère : macération de plantes dans l'alcool (entre 70° et 90°) : remplir le contenant de plantes, couvrir d'alcool, laisser macérer un mois en agitant tous les jours, filtrer et conserver à l'abri de la lumière. On peut rajouter des billes en verre dans les bocaux quand on se sert de teinture mère pour éviter une oxydation avec l'air. en huile macération solaire : laisser les plantes dans l'huile au soleil tout l'été, sans fermer hermétiquement le contenant. Filtrer à la fin de l'été, conserver à l'abri de l'air et de la lumière. en fumigation : brûler les rameaux.

pour les teintures

Dosage d'une plante : une pincée à trois doigts, pincée différente selon l'âge et la taille de la personne. Mettre davantage d'une plante fraîche que d'une plante sèche. Attention au surdosage, qui donne souvent l'effet inverse de celui recherché.

Lexique rapide : Antiseptique : détruit ou freine le développement des microbes Étamine : ce qui porte le pollen Fébrifuge : aide à faire baisser la température, la fièvre. Hépatotoxique : mauvais pour le foie Hémostatique : qui combat les hémorragies. Mucilage : substance visqueuse à action adoucissante et laxative : bon pour les inflammations, les problèmes de bronches, les constipations. Photosensibilisant : qui réagit à la lumière Sépale : ce qui protège les bourgeons, qui s'ouvre au moment de la floraison Vulnéraire : qui soigne les plaies

Nom Infos Reconnaissance Vertus Attention Achillée millefeuille Herbe à la coupure Herbe aux charpentiers Plante d'Achille : rend invulnérable. Contient du magnésium. Plante témoin de blessure du sol, d'un sol trop travaillé, qui a été lessivé... Feuille très découpée. Les fleurs font une fausse ombelle. Astuacées. Suc de la plante hémostatique, favorise la cicatrisation. Jeunes feuilles en salades. Bon pour règles douloureuses (se masser le ventre avec le l'huile). Riche en calcium, magnésium. Pas abortive. Aubépine Atteinte dans beaucoup de région de France du « feu bactérien » : l'extrémité des feuilles sont comme sèches. Écorce grise lisse. Grosses épines. Fleurs contre les problèmes cardiaques (règle le rythme cardiaque), sédatif, régule la pression artérielle. On utilise le bouquet fleuri. Les baies « pommes à bon dieu » sont très nutritives, utilisées pendant les disettes.

Aulne Écorce en teinture noire (utilisé en Corse, Sardaigne), sans besoin de fixateur (car contient beaucoup de tanin). Bois imputrescible (cités lacustres comme Venise et Amsterdam construites sur des piquets d'aulne). Feuillu ressemblant à un conifère, avec des pommes de pin. L'écorce soigne les ulcères, les plaies surinfectées. Prendre les bourgeons quand on crache ses poumons.

Bouillon blanc Feuilles se fument. « cierge notre-dame » car brûle lentement, utilisé en torche.

Pectoral. Feuille infusée dans du lait contre les panaris. L'infusion doit être bien tamisée car il y a des petits poils irritants. Bouleau ne pas utiliser le bouleau pubescent (duveteux, doux) car il est rare, mais le bouleau verruqueux Arbre pour faire des balais : nettoie aussi l'organisme. Contient beaucoup d'oligo-éléments. Arbre de Sibérie, arbre de la taïga. L'écorce de bouleau sert à tanner. Les feuilles se ramassent en juin et servent à la teinture : donnent un jaune persistant. Tronc blanc Cure de sève de bouleau au printemps, 2-3 semaines (quand les bourgeons éclatent) : percer 3 cm dans l'aubier un trou incliné, y mettre un tuyau (de stylo, d'une plume...), prévoir un grand récipient car 3-4 L peuvent couler dans la journée. Se boit pur. Fermer le trou avec un petit bout de bois et faire un pansement à l'argile. L'aubier du bouleau est comestible en farine.

Bourdaine Miel de bourdaine : purgatif. En teinture : écorce donne couleur cannelle. Noir donne violet/rouge, vert donne jaune.

Ne s'emploie jamais seule, toujours avec une plante à mucilage (douce, ex mauve, plantain). L'écorce (de plus d'un an, trop toxique avant) s'emploie en purgatif sur le court terme (2-3 jours) en cas d'urgence seulement. Purgatif violent Ne pas donner aux enfants ou aux personnes âgées. Délicate d'emploi. Baies toxiques. Bourse à pasteur

Hémostatique.

Brunelle Plante des lieux humides De la famille des labiés : une tige carré, les feuilles opposées, fleur violette en forme de bouche : avec deux lèvres. 4 étamines (2 grandes 2 petites). S'emploie comme l'arnica : en usage externe contre les coups en teinture mère ou en huile.

Bruyère calune - Bruyère cendrée

Témoin d'une forêt dégradée par le brûlis ou le surpâturage. Ne pas cueillir la bruyère à 4 angles qui est en voie de disparition. Teinture utilisée pour renforcer la laine, contre mites (cf. tartans écossais passés de générations en générations). Arbrisseau. Bon contre les infections urinaires, cystites, diurétique, contre la cellulite. Contre-indiqué dans les cas de problèmes rénaux. Buis

Fébrifuge

Carvi carum

Dans les prairies humides, tourbeuses. Ressemble à l'achillée. Ombellifère.

Chénopode épinard sauvage Toutes les chénopodiacées (amaranthe, arroche, famille du quinoa aussi) sont comestibles. Pied d'oie : feuille à section triangulaire. Sous la feuille, de la pruine, des cristaux de silice, c'est farineux et blanchâtre. Tous les chénopodes sont comestibles. Riches en fer, calcium, magnésium. Plutôt cru que cuit. Pas bon pour les problèmes rénaux (contient de l'acide oxalique). Drusera

Protégée Fougère Aigle

La fougère aigle est celle des prairies, elle pousse en pleine lumière et non des forêts. Elle peut atteindre 3m de haut. Elle est ramifiée : une tige principale et des tiges secondaires. En petites crosses au printemps : peut être consommée. Ne pas en surconsommer (attention au foie et au système nerveux). Framboisier

Contre les aphtes, la toux.

Genet à balai Mimosa du Limousin

Monte jusqu'à 5 m. Famille des fabaçées, enrichi le sol en azote. Tiges à ailettes. (D'Espagne : tige ronde lisse) Fleurs comestibles. Contient de la spartéine, un antivenimeux puissant (à mâcher contre morsures de serpent).

Genévrier

Arbre témoin de moutons. Piquant. Genévrier commun : 1 trait blanc sur la feuille, Genévrier cade : 2 traits blancs. Rameaux en fumigation pour purifier l'atmosphère (chambre d'un malade...). Puissant désinfectant. Baies comestibles.

Gentiane Vit jusqu'à 80 ans. Utilisé dans le ricard, la suze... Ne fait pas de fleur avant 7 ans. C'est une plante primitive, difficile à semer.

Fortifiante (ginseng occidental). Nettoie le foie et la vésicule biliaire. Tonique amer. Fébrifuge. Protégée en Limousin. Hêtre

L'huile de hêtre (avec les faînes) est très stable et se bonifie même dans le temps, peut se garder 10 ans.

Houx

Fébrifuge ponctuel Puissant, prendre seulement 2 à 3 tisanes avec 3 ou 4 feuilles. Non recommandé pour les enfants. Fruits du houx toxiques. Hydrocotil écuelle d'eau

Ombellifère. Feuille en parasol (très rare). Puissant cicatrisant pour des escarres, des plaies surinfectées. En pommade : au bain marie, plante, saindoux, cire d'abeille et huile.

Lamier pourpre

Comestible dans les salades sauvages. Bon pour problèmes respiratoires, toux, bronches.

Mauve à feuilles rondes Appartient à la famille des malvacées, toutes comestibles. 2 x 5 pétales et sépales. Étamines et pistil soudés.

Fleurs en tisane, donne du velouté dans la soupe (fleurs et feuilles). Bon pour toux, bronches.

Menthe

Digestif, respiratoire, ranime (stimule la fonction nerveuse). Ne pas donner aux bébés. Millepertuis « herbe de la Saint Jean »

Millepertuis perforé : seul vraiment efficace Plante « solaire » : liée au solstice d'été (se cueille fin juin), au feu : elle soigne les brûlures mais peu aussi en provoquer. Se trouve dans toute la France. 5 pétales, 5 sépales, étamines réunies en faisceau, 2 lignes saillantes sur la tige ronde, feuille avec des trous, plante qui « saigne » (liquide rouge quand on écrase la fleur) Vulnéraire, antiseptique, cicatrisant, analgésique, contre les brûlures, antidépressive en tisane ou teinture mère Ne pas en mettre sur les muqueuses, car photosensibilisant. Pensée Sauvage

Dépuratif, nettoie le sang des toxines. Contre l'eczéma et l'acné. Bon pour le diabète, le cholestérol. Fleurs comestibles. En tisane à basse température.

Pin Sylvestre

Épines par paires. Du 15 fév. au 15 mars, on peut utiliser les bourgeons contre les infections respiratoires, les sinusites. En infusion, en inhalation, en sirop.

Plantain « herbes aux 5 côtes » Il pousse là où on piétine, c'est la plante qui va soigner les agressions. Importé d'Amérique du Nord. Contient du zinc. 5 nervures élastiques sur la feuille (piétiné mais pas cassé) Contre les allergies, les brûlures, les piqûres : antivenimeux Contient beaucoup de mucilage : soigne les toux, irritations, maux de gorge, pour les inflammations des yeux en application.

Potentille Contient 70% de tanin dans les racines. Petites fleurs jaune. En infusion contre les diarrhées, les dysenteries.

Prêle

S'emploie contre le pourrissement, la dégradation des tissus

Renouée des oiseaux Signe de sols saturés, riche, humide qui circule mal.

Dépurative.

Ronce

Contre les angines (3-4 infusions).

Rumex Plante des endroits pollués et chargés de nitrates : plante détoxicante pour le sol et l'homme.

Détoxicant en petites quantités. Plante nitrophile pas bonne pour les reins. Serpolet (famille des thyms) Pas besoin de bouillir

Hépatotoxique, fait augmenter la tension artérielle. Sureau Plante rudérale (pousse près de l'homme). Les feuilles en purin éloignent le rat taupier. En teinture : fruit teint violet (tourne au gris à la lumière), feuille teint jaune.

Contre la grippe. Fruits crus : laxatif. Fruits cuits : en sirop, compotes, confitures. Feuilles bonnes pour le système immunitaire. Ne pas confondre avec le sureau lyeble dont les fruits sont dressés vers le ciel et qui n'a pas d'écorce car il est toxique. Tilleul

Fébrifuge : donner un bain de tilleul pour les bébés.

Trèfle rouge Appartient aux Fleurs de Bach.

Action hormonale, favorise le retour des règles après un accouchement. Fleurs comestibles. Ne pas prendre à haute dose.

Autres trucs : =) Toutes les plantes à Huiles Essentielles sont des plantes odorantes. La famille des asténacées est le nouveau nom international de la famille des composées. Fabacées : famille des fèves (le nom de la famille a été choisit en fonction du nom de la plante considérée comme la plus représentative de la famille). En usage médicinal, on utilise souvent un mélange des feuilles et des fleurs.

Frayssinous

HISTOIRE D'UNE LUTTE POUR LA DESCOLARISATION PAR LA TECHNIQUE DU THEATRE-FORUM

C'est une forme qui permet à des gens de problématiser une oppression de leur vie quotidienne pour mieux lutter contre, en la mettant en scène et la jouant devant d'autres personnes concernées par la même oppression. La ou les scènes sont jouées une fois en entier, puis une deuxième fois, pendant laquelle les spect'acteurs peuvent interrompre ce qui se déroule dès qu'ils ont l'idée de proposer autre chose. Ils vont alors remplacer un acteur, ou en créer un autre, et la scène reprend avec ses propositions, pour voir ce que ça donne. Le jocker est la personne qui fait le lien entre la scène et les spect'acteurs.

Cette fois-ci, à Frayssinous, trois ou quatre personnes ont des connaissances très limitées du théatre-forum, une personne l'a pratiqué pendant deux ans dans une troupe mais ne désire pas guider le groupe (bien qu'elle finisse à quelques reprises par faire des remarques bienvenues). Nous naviguons donc à vue.

Une première rencontre nous amène à nous dire qu'on ne veut pas mettre en scène une oppression des enfants, mais une oppression que l'on ressent en tant qu'adultes dans des situations dans lesquelles il y a un enfant. On ne sait pas très bien finalement si on peut se définir comme opprimés alors, mais on décide d'abandonner le sens exact des mots pour se concentrer sur des situations (mal)vécues. Des personnes racontent des expériences de ce genre : dans les magasins, le fait de devoir dire non aux multiples désirs des enfants qui sont très sollicités par les marchandises; dans la rue, les parcs, ne pas savoir intervenir quand un adulte se comporte mal avec un enfant; le harcèlement des contrôles sociaux dans un situation de non-scolarisation...Nous en restons là pour cette fois.

Lors de la deuxième rencontre, nous choisissons une des histoires pour travailler dessus : celle de la non-sco: c'est la vraie histoire d'une petite fille de 6 ans et demi qui a été contrôlé abusivement, suite à quoi on oblige sa mère à l'obligation de scolarisation, alors que l'enfant ne veut pas aller à l'école et que leur vie est organisée avec cette perspective de non-scolarisation. A quelques jours de la rentrée, la situation n'est toujours pas éclaircie, la mère songe à attaquer l'éducation nationale, mais c'est pas facile, et puis elle se sent seule dans cette histoire, et puis y'a mamie qui en rajoute une couche en la dénoncant aux services sociaux...Il y a une volonté de se sortir de cette merde, et un manque d'idées, de moyens, d'allié-es.

On décide d'essayer de suite, en se distribuant les rôles : une mère, sa fille non-scolarisée, une fausse alliée qui va soutenir le choix de la mère mais d'un point de vue complètement différent, une serveuse puisque la scène se passe dans un bar, un pillier de comptoir, une personne qui va défendre l'école et un syndicaliste radical de l'éducation nationale. Les autres personnes n'ont pas de rôles distribués mais on décide qu'illes sont dans le bar, donc à la fois spectateurs et potentiellement acteurs si et quand illes le veulent. On veut prendre garde de rester fidèle à la problématique tout en se distanciant un peu de l'histoire vraie pour en faire une histoire collective. Avant le début de la scène, chaque personnage est invité à raconter un peu son histoire, ses liens avec les personnes présentes, définir un peu son caractère... La scène marche bien, dans un totale impro. Deux personnes qui n'avaient pas de rôle au début interviendront. La mère non-scolarisante est jouée par un prof, la pro-école par une mère non-sco, le syndicaliste radical par un radical contre l'éducation, la serveuse par la vraie mère en difficulté...ce qui donne du piquant à nos interventions, un décalage plutôt savoureux. La petite fille est jouée par la vraie petite fille non scolarisée. Comme c'est une impro totale, la scène se traîne évidemment, et les propos ne sont pas très nuancés: c'est une vraie publicité pour la non-scolarisation...alors que les personnes présentes ne sont pas forcément toutes dans cette optique. La scène se termine quand l'inspiration s'épuise.

Une troisième rencontre est programmée pour deux jours plus tard, mais n'a pas lieu, et ce sera fini pour le théâtre-forum. Notre idée était de faire trois scènes : une première d'exposition dans le bar, puis une scène avec l'inspection de la petite fille, puis je ne sais plus trop.

Finalement, avec cette première scène nous avons inventé une forme intéressante, le bar-forum, avec un mode d'intervention inédit par rapport à l'intervention classique dans le théatre-forum qui passe par la médiation d'un jocker. C'est un peu déjà ce qui se passe dans les vrais bars, on n'a pas inventé la poudre non plus... Je ne connais pas bien les autres formes du Théâtre de l'Opprimé auquel appartient le théâtre-forum, mais possible que ce qu'on a fait se rapproche du théâtre invisible, où il s'agit d'amener un problème au coeur d'un lieu fréquenté par des gens et voir ce que ça donne (par exemple, dans le métro quatre acteureuses invisibles : un gars met la main aux fesses d'une fille qui réagit, un autre gars rit grassement et au autre prend la défense de la fille ). Sauf que nous, nous savions tous-tes que c'était du théâtre.

Pendant tout ce processus, la place des enfants a été questionnée : demander aux enfants de nous raconter des choses de leur vie quotidienne qu'illes vivent mal pour les mettre en scène, oui mais ce n'est pas très orthodoxe de demander en tant qu'oppresseurs à des opprimés de s'allier pour les sauver, oui mais n'est-on pas en train de s'enfermer dans une grille d'analyse qui nous empêche d'être simples...Demande t'on aux enfants de participer quoi qu'il en soit ? oui mais si ça les intéresse ils viendront d'eux-mêmes, oui mais encore faut-il qu'illes soient au courant et qu'ils osent , oui mais n'est-on pas en train de s'enfermer dans une grille d'analyse qui nous enpêche d'être simples.... Les enfants présents ne doivent pas forcément jouer des rôles d'enfants puisqu'on est au théatre, oui mais c'est à eux de décider, oui mais c'est à nous d'expliquer, oui mais n'est-on pas en train de....... Finalement, les enfants n'étaient pas présents (n'ont pas été conviés) au premier atelier, et l'ont été au deuxième, où ils étaient deux.

La vraie mère en vraies difficultés actuelles face à des vrais oppresseurs trouvera des vrais alliés dans la semaine, hors du contexte du théatre-forum, qui a peut-être permis une amorce d'échanges futurs.

AVOIR DES ENFANTS OU NON

Discussion entre femmes, suite à une réunion sur le même thème, tenue en non-mixité entre personnes « on-parents », un jour auparavant.

Quelqu’une s’est dit que si elle ne faisait pas d’enfant, elle en concevrait de toute façon des regrets en atteignant l’âge de 50 ans. De s’être dit cela lui permet de ne pas se construire des justifications qui s’écrouleront à la première crise de ménopause. De le savoir l’a plutôt allégée.

Nous avons donc cherché à analyser d’où vient ce sentiment d’obligation de procréer : Nous sommes programmées socialement et culturellement depuis la naissance pour devenir des mères (Jeux, imagerie, litté rature, vision des adultes accompagnant). La pression sociale accompagne ce formatage et nous nous retrouvons vite obligées, lorsque nous arrivons en conscience effectivement à prendre des décisions pour notre vie, de décider non pas d’avoir des enfants, mais de ne pas en avoir. Cela pose des problèmes énormes, comme par exemple de se retrouver avec des enfants sans l’avoir réellement voulu et de ne pas pouvoir/vouloir s’en occuper réellement, ou encore, justement, les regrets de ne pas avoir eu des enfants, ou encore les conceptions d’enfant tardives, par peur des regrets…

Les femmes étant pressenties pour faire des enfants, il leur arrive de choses incroyables. Nous avons crû remarquer nombre de nos copines qui se sont métamorphosées en accueillant un enfant. Elles sont devenues des Mères. Cela n’a rien d’incroyable, puisque le seul moment où les femmes sont reconnues absolument légitimes dans leur existence et non remplaçables est ce moment de la maternité. Elles y acquièrent leur véritable place dans la société, la seule en fait qui leur soit dévolues. Ce qui entraîne d’ailleurs souvent des abus de pouvoir sur les enfants ou sur le père.

Ce qui nous a fait quand même remarquer que lorsque des femmes se sentent heureuses d’être des mères et de vivre avec des enfants, il ne s’agissait pas de les stigmatiser pour autant…. Mais le but de l’histoire est quand même que les êtres humains de toutes espèces aient la possibilité de décider, sans pression aucune, de procréer ou non. Une de nous a posé que tout le monde n’est pas fait pour avoir des enfants. A l’échelle d’une population, tout le monde n’est pas obligé de faire des enfants pour la « survie de l’espèce », au contraire, puisque cela pose le problème de la surpopulation.

Questionnement sur la nature physique ou mentale de l’envie d’avoir des enfants.

Quelqu’une a trouvé que la décision de ne pas avoir d’enfant était une démarche plutôt intellectuelle. Le besoin d’enfantement est un processus biologique et physique qui pouvait bien finir par s’imposer, comme peuvent s’imposer les maladies.

Mais d’autres ont souligné l’importance du conditionnement social qui nous pousse à ressentir le besoin d’être mère.

Plusieurs interventions ont accompagné l’idée que le corps ne s’exprimait pas séparément du mental, mais que le mental transformait aussi nos corps. Que la séparation corps/mental est fortement nuisible justement à la reconnaissance des problèmes que nous avons et qui ne sont pas exprimés par notre mental. Les témoignages sur l’écoute de son propre corps et du lien entre la fertilité et l’envie d’enfanter nous ont amené à l’idée que les êtres humains, hommes et femmes, ne connaissent pas leur corps. En particulier, les femmes ne ressentent pas/ ne reconnaissent pas les signes de leur fertilité et de leur grossesse.

Les femmes occidentales ont besoin de la preuve de leur grossesse par le test, qui donne une légitimité scientifique, plutôt que de croire aux signes, pourtant assez explicites, de leur grossesse (gonflement des seins, etc.)

Mais certaines femmes présentes ont témoigné avoir ressenti qu’elles étaient tombées enceintes quand elles en avaient eu envie, et qu’elles s’étaient senties prêtes. D’autres n’étaient pas convaincues.

Nous avons aussi reconnu que les hommes sont tout autant conditionnés que les femmes, surtout au niveau de l’expression de leurs sentiments. Ils n’ont pas le droit de pleurer, de se préoccuper de leurs sensations et sentiments etc..

Une méfiance envers le « ressenti, la nature, les sentiments », tout ce qui touche à une prétendue nature typiquement féminine, a été exprimée, ainsi que la tentation, au sein des groupes de discussion de femmes, de renforcer cette imagerie opposée à la bienheureuse pseudo rationalité masculine, en arguant ainsi d’un pouvoir féminin :

Dans les mouvements féministes, on entrevoit plusieurs tendances dont justement celle qui consiste à vouloir rester dans cet espace traditionnel féminin (de la nature), à le renforcer, en en faisant l’espace de notre force. Une autre tendance serait de vouloir être et faire « comme les hommes », et encore d’autres à investir d’autres espaces, sans pour autant vouloir reprendre le modèle masculin, ni se fondre dans l’imagerie restreinte de « l’éternel féminin ».

Retrouver le contact avec son être intime ne signifie pas dire adieu à toute forme de rationalité, au contraire.

De la vérité concernant l’incroyable épanouissement des femmes dans la maternité :

Plusieurs femmes ont témoigné des difficultés parfois très grandes d’élever un enfant.

Certaines ont raconté ne pas arriver à être des mères comme elles aimeraient être (comme on attendrait d’elles). Ou encore d’avoir des vrais problèmes relationnels avec leur enfant, ne pas être en phase avec ellui, ne pas arriver à se comprendre, ou encore qui vivent mal de devoir être sans cesse disponibles pour leur enfant, d’être l’ « objet » de leur enfant. D’autres ont exprimé leur jalousie vis-à-vis d’autres femmes jeunes qui n’ont pas cette obligation de s’occuper d’un enfant, et sont libres de leur vie et de leurs activités.

Des témoignages fréquents ont eu lieu sur la grande difficulté de vivre seule avec des enfants. Les « pétages de plombs » sont alors fréquents.

De façon assez massive, l’idée qu’un collectif doive épauler les parents dans le maternage a été développée. De même, des non-parentes ont expliqué qu’elles ne se voyaient pas avoir un enfant ailleurs que dans un collectif.

Les enfants ont tout intérêt à être entourés de plusieurs adultes référents, amis ou parents au sens large.

Nous avons évoqué les cas où les gentes sont dans des collectifs, ou aspirent, ou s’apprêtent à y être : Ce n’est pas la même chose d’arriver dans un collectif pour qui la place des enfants n’est pas forcément claire, que dans un collectif qui a pensé cette place inhérente d’avec celle des adultes. De plus, tous les collectifs sont différents et abordent cette question ainsi que le quotidien de manière singulière, qui n’est pas forcément l’idéal des parents arrivant. Nous avons évoqué la nécessité de parler, au sein du collectif, du désir d’enfanter et du projet de vie avec un ou des enfants. On ne conçoit pas, si donc ces conditions sont réunies, l’enfant comme la propriété privée de ses géniteurs. Puis, nous avons abordé la question de la sexualité enfantine et adulte d’une façon intime dont nous (qui faisons ce compte rendu) n’avons pas envie de rapporter.

LA PLACE DES ENFANTS DANS LES REUNIONS

Qu'est-ce qui favorise une écoute réciproque?

LUTTES ANTI-INDUSTRIELLES, BILANS ET PERSPECTIVES

FRAYSSINOUS, AMPe 2006 COMPTE-RENDU du dimanche 20 août, l'après-midi, dans le grand dôme du bas. Cette discussion est la première de la semaine sur ce thème.

En travaillant spécifiquement sur les OGM, nous en sommes venuEs à la conclusion que le désastre était bien plus global que l'impact d'un objet technique particulier ne le faisait apparaître. La focalisation sur des technologies particulières (nucléaire, OGM, nanotech, etc.) ne permet pas de faire passer la radicalité de notre critique, c'est-à-dire le refus du système industriel dans son entier, de l'échelle d'organisation et production qu'il impose, des relations sociales et politiques qu'il induit, du projet de société et de la vision du monde qui vont avec.

Cette critique d'ensemble de la société industrielle est notamment mise de côté par la tendance au catastrophisme et aux effets de panique qui caractérisent le rejet de ces technologies.

Non seulement la focalisation sur les objets techniques ne permet pas de développer une critique anti-industrielle complexe, mais elle ne nous permet pas d'identifier et d'affronter les dispositifs du pouvoir en tant que tels. Si l'on considère que l'on est passé d'une "société de discipline" (XVIIe-XIXe siècle) à une "société de contrôle" (à partir du XIXe siècle), on peut penser que les mouvements anti-industriels actuels, en conservant le mode de critique des luddites du XIXe (casser les machines qui mettent en danger notre autonomie), sont restés bloqués sur la « discipline », idée qui n'est plus pertinente: il suffit pas de casser des machines pour toucher le mécanisme au coeur.

Aussi radicales soient-elles, nos critiques sont souvent la perche tendue aux citoyennistes, à l'aménagement du monde industriel, à son renforcement par la « régulation » sociale-démocrate: En effet, jouer les « lanceur d'alerte en visibilisant des « technologies dangereuses » déclenche la mise en place de comités d'éthique et de réglementations qui en facilite en fait la diffusion en assurant leur usage « sécurisé », « contrôlé démocratiquement ». Cela entraîne également des réactions « écologistes », c'est-à-dire la prétention à préserver l'environnement naturel indépendamment des condition politiques et sociales qui créent cette situation.

Toutes nos actions revendiquées, visibles et symboliques sont au final réabsorbées par la voix médiatique pour neutraliser le débat et légitimer ce que nous refusons... on peut presque partir du principe que la parole est toujours récupérable. Cette difficulté nous confronte au problème permanent des moyens de "notre visibilité".

En développant des critiques un peu précises sur tel ou tel dispositif, nous nous mettons nous-mêmes en position d'expertise, d'élite éclairée ayant tendance à prescrire ce qui est bon ou pas pour les profanes. Finalement, on peut avoir le sentiment de se mettre soi-même dans une posture de gestionnaire par notre activisme alors que le rejet de la logique gestionnaire est au coeur de notre critique anti-industrielle.

Cette élitisme est largement renforcé par l'intellectualisme (références savantes, démonstrations sophistiquées à l'extrême, niveau de langage, réflexions très abstraites...) et le radicalisme (posture radicale comme esthétique, revendications indentitaires, attachement à des principe, hors de toute compréhension des situations concrète). Cette tendance nous éloigne de tout mouvement social au profit d'une complaisance entre initiéEs.

Pour faire un peu vite, je liste ici un certain nombre de terrains d'investigation et de confrontation qui ont été abordés au fil de la discussion:

De manière plus générale, il est ressorti qu'il s'agissait de s'attaquer aux micro-mécanismes qui construisent et maintiennent le pouvoir et de se confronter aux gens et aux situations concrètes.

Rechercher ce qui est de l'ordre du commun, du communautaire. S'attacher à ce qui semble simple, ce qui paraît évident pour tous.

... à force de discuter, il a fini par ressortir l'idée qu'il y avait une contradiction à parler de "stratégies" tout en reconnaissant qu'on ne peut jamais savoir ce que ça allait donner... En même temps, il est possible de distinguer des orientations, d'avoir prise sur des petites situation, limitées dans le temps et l'espace, de chercher les outils, pour déterminer ce qui nous semble le plus juste, acceptable, utile, morale... à moins qu'on chie sur la morale. Bon, bref, on pourrait reparler de tout ça et pourquoi, peut-être en revenant plus concrètement sur nos expériences passées et présentes.

STAMP: ConferenceNewspapertobetranslatedinEnglish (dernière édition le 2008-12-19 18:59:47 par anonyme)