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''bientôt disponible'' == introduction ==

Voici un appel à participer à un moment de rencontre et de réflexion
collective autour de "la défense des serveurs autonomes et structures de
communication alternatives". Ce, dans le cadre du thème « luttes
numériques » des rencontres européennes de l'Action Mondiale des Peuples
(AMP) [1]. Celui-ci se tiendra à l'Espace autogéré des Tanneries de
Dijon, entre le 19 et le 28 août prochain, les rencontres dans leur
entier se poursuivant jusqu'au 3 septembre 2006. Pour plus d'infos sur
l'AMP et la conférence européenne de cet été, lisez la fin de ce message
et suivez les liens mentionnés.

La présente invitation est adressée aux admins des serveurs suivants:
squat.net, inventati.org, ecn.org, sindominio.net, nadir.org, so36.net,
domainepublic.net, nodo50.org, boum.org, poivron.org, moviments.net,
no-log.org, samizdat.net, tuxic.nl, altern.org, aktivix.org, riseup.net,
resist.ca, et quelques autres. La mise en place de cet espace de
discussion et son ampleur seront fonction des retours générés par cet
appel. En conséquence, manifestez-vous, que vous puissiez ou non
participer, que vous ayez des propositions ou que vous soyez simplement
intéressé·e·s!

En bref, ce moment a pour objectif de nous rassembler, en tant
qu'administrateurs & administratrices de serveurs alternatifs &
activistes, pour partager nos expériences & évoquer nos situations
spécifiques; pour faire le point sur les problèmes communs, notamment
légaux, auxquels nous sommes, allons, ou risquons d'être confrontés;
pour envisager des stratégies, et, potentiellement, s'organiser. Il
entend permettre, ensuite, une rencontre entre celleux qui, dans le
milieu activiste, fournissent des services numériques, et celleux qui
les utilisent, afin d'envisager comment faire face ensemble aux
possibles répressions numériques à venir.

Explication plus détaillée, ci-dessous:

== contexte ==

En quelques années, l'internet est devenu un outil majeur pour bien des
acteurs des mouvances politiques radicales. Son utilisation aura
grandement participé à l'organisation de journées mondiales d'actions &
d'évènements décentralisées; à la mise en réseau & à l'interconnexion
d'initiatives, d'affinités; à la communication & à la coordination
internationales. Son appropriation aura contribué à la dissémination de
nos contenus, facilité l'écriture collaborative & l'échange de savoirs,
donné de la visibilité à nos dissidences, permi l'émergence d'Indymedia,
de radios indépendantes, entre autres initiatives de contre-information.
Aujourd'hui, nombreuses sont donc nos initiatives à en dépendre.

En tant qu'anargeeks, hackers engagé·e·s, tech-activistes, admins
autonomes, squatteureuses-à-clavier... nous avons souvent directement
participé de cette évolution, explorant des usages alternatifs des
technologies, promouvant l'utilisation de logiciels libres, partageant
des savoirs avec passion, installant & administrant des serveurs pour la
révolution. Nous avons vu (la plupart de) nos ami·e·s quitter hotmail,
https gagner en popularité, et de plus en plus d'adresses de groupes, de
listes de projets, de sites de campagnes d'action... abrité·e·s par nos
machines, au lieu d'alimenter les entreprises spécialisées.

== problème ==

Internet a longtemps été un espace de relative sécurité, exempt de fléau
légal majeur. Mais les temps ont changé, et changent de plus en plus
rapidemment: la société de l'information s'accompagne de mesures de
rétention, pour faciliter la répression: conservation des données,
traçabilité de l'utilisateur, responsabilité de l'administrateur. Dans
toute l'Europe, les gouvernements ajustent leur lois pour imposer
l'accès aux journeaux système par les autorités, et balayer de
l'internet l'idée de vie privée. Qu'elles soient légales ou non, les
intrusions policières et saisies de serveurs ont augmenté; Indymedia &
inventati y ont récemment goûté.

En tant qu'utilisateurs & utilisatrices, nous risquons de voir notre
intimité numérique livrée aux autorités; en tant qu'administrateurs &
administratrices, c'est à une répression directe que nous nous exposons,
si nous refusons d'obéir, de loguer, de dénoncer - bref, de devenir
auxiliaires de police, comme il nous l'est demandé, dès aujourd'hui dans
quelques pays, demain pour certains. Parce qu'il en va de notre
activisme, en ce qu'il consiste à diffuser des voix afin qu'elles ne
puissent être mises sous silence par quelque autorité; parce qu'il en va
de notre responsabilité, en tant que structures de communication
pour nos mouvements, d'en assurer la sécurité... nous ne pouvons que
refuser de telles mesures sécuritaires, tout comme nous ne pouvons
ignorer les risques impliqués.

Jusqu'à lors, la mobilisation contre ces mesures a été faible. Bien que
tou·te·s puissent être directement affecté·e·s, la plupart des
activistes ignorent tout de la situation, et sont donc peu susceptibles
de réagir si quelque chose arrive. Alors que les serveurs indépendants
sont devenus des noeuds sensibles de notre communication, il semble que
la conscience collective de leur importance et de la nécessité à les
défendre fasse cruelement défaut. S'il est relativement facile de (se)
mobiliser pour défendre certaines ressources collectives communément
perçues comme essentielles, comme, par exemple, un centre social menacé
d'expulsion, combien serons-nous, quand il faudra résister à une
agression légale contre nos structures de communication?

== réaction? ==

N'est-il pas temps de s'attaquer à ce problème de fond? Comment
souligner l'importance de nos outils de communication, faciliter la
prise de conscience de leur vulnérabilité potentielle, et, comment,
surtout, construire des solidarités? Le thème « luttes numériques » des
rencontres de l'AMP pourrait être un espace pour aborder ces questions,
et nous permettre à tou·te·s - admins & utilisa{teurs,trices} - de nous
rencontrer, de partager et faire émerger des perspectives autour de nos
services & communautés numériques.

Qui est plus est, ce pourrait être l'occasion d'une coordination entre
serveurs, de moments de réflexion collective et d'échange de savoirs
autour de nos pratiques & développements techniques. Traditionnellement,
le travail d'administration système est le fait d'un geek isolé, sans
qu'il soit possible de participer pour quiconque n'est pas déjà expert
en la matière; parvenons-nous à nous organiser autrement? Récemment, des
collectifs ont expérimenté des méthodes d'administration collectives de
ressources informatiques; comment pouvons nous articuler préoccupation
politique dans la manière de faire, et impératif pratique dans le
maintien d'un service? Etc.

Voilà pour les propositions. D'ores et déjà, quelques individus
impliqués dans des projets comme squat.net, no-log.org, boum.org,
indymedia.org ont annoncé leur participation. Une présentation de metche
[2] est programmée (metche est un programme facilitant le travail
d'équipe sur un serveur, développé par le collectif boum.org), ainsi
qu'un atelier sur "tor". Le reste dépend des contributions & réponses à
cette invitation. Merci d'envoyer vos réactions à
stamp-ds@pgaconference.org !

== PGA? ==

PGA est un réseau international anti-authoritaire et anticapitaliste,
dont les principes sont définis par une charte appelée "Hallmarks" [3].
Tous les deux ans, la conférence européenne de l'AMP permet à des
activistes de divers collectifs de toute l'Europe de se retrouver, de
passer du bon temps, de partager expériences & stratégies, de nourrir &
créer des affinités, d'organiser des campagnes & de préparer des
actions. Cette année, la conférence est facilitée par le collectif
STAMP, regroupement d'activistes variés de toute la France et au delà.

Pour la première fois, la conférence se déroulera de façon
décentralisée: la première partie rera répartie sur 5 lieux (Lyon,
Toulouse, Limousin, Frayssinous, Dijon), chacun explorant des thèmes
spécifiques en simultané, du 19 au 28 août; la seconde partie permettra
de rassembler les participant·e·s en un même lieu, à Dijon, du 30 août
au 3 septembre, après deux jours de pause, voyage & détente.

Le thème « luttes numériques » [4] se déroulera pendant le moment
décentralisé de la conférence, à « l'espace autogéré des Tanneries » [5]
de Dijon, un centre social anarchiste, occupé depuis 1998. Le lieu
héberge notamment le hacklab PRINT [6], entre autres projets divers &
variés. Outre « luttes numériques », seront abordés en profondeur lors
du moment décentralisé dijonnais: « défense & préservation des espaces
d'autonomie » [7], et « quand ça pète: retours & perspectives sur le
printemps français; dépasser la ghettoisation des luttes radicales »
[8].

== liens ==

[1] http://pgaconference.org/ - http://stamp.poivron.org/ - http://www.agp.org/

[2] https://poivron.org/dev/metche

[3] http://www.nadir.org/nadir/initiativ/agp/free/pga/hallm.htm

[4] http://stamp.poivron.org/DigitalStruggles

[5] http://squat.net/tanneries/

[6] http://print.squat.net/

[7] http://stamp.poivron.org/EspacesAutonomes

[8] http://stamp.poivron.org/WhenStreetsAreBurning

TableOfContents

[en] call for a meeting to defend our autonomous servers

introduction

What follows is an invitation to participate in a discussion on the defense of autonomous servers and alternative communication structures. It is planned as part of a « digital struggles » focus, during the European People's Global Action (PGA) [1] conference, that is to happen around France from August 19th to September 3rd. More information on PGA and the conference itself can be found at the end of this message, and by following its links.

This invitation is sent to the following servers' administrators: squat.net, inventati.org, ecn.org, sindominio.net, nadir.org, so36.net, domainepublic.net, nodo50.org, boum.org, poivron.org, moviments.net, no-log.org, samizdat.net, tuxic.nl, altern.org, aktivix.org, riseup.net, resist.ca, and a few others. The realisation of this discussion space and its extent highly depend on feedback this call generates. Please tell if/how you're (not) interested, wanna contribute something, can or cannot participate, etc.

In short, this moment intends to bring us admins together to discuss the current situation, share experiences, envision strategies, and possibly organise. It also aims at facilitating an encounter in between those who provide these online services and their users, namely the activist community, in order to confront incoming repressions altogether. This would happen in between the 19th & the 28th of August 2006, at the autonomous space « Les Tanneries », in Dijon, France. A more in depth explanation follows.

context

Over the last few years, the Internet has become a main tool for radical activism. Decentralized action organizing, broader networking & communication, Indymedia, web-radios & various counter-information initiatives, content dissemination & movement visibility, collaborative writing & knowledge sharing, among others... have been facilitated, extended, or sometimes even allowed by activist appropriation of computing, with a number of initiatives now being dependent upon the Internet as a result.

As radical techies, anar(cho)geeks, hacklab members, keyboard squatters, tech-aware activists, autonomous administrators... we've often directly participated in that evolution, advocating subversive uses of new technologies, hacking free software & sharing knowledge with passion, running servers for revolution. We've seen (most of) our friends leave hotmail behind, https eventually becoming trendy, and more and more people & groups, projects & campaigns, hosted on our machines, rather than feeding some company.

problem

Internet has long been a relatively safe place to be, exempt from harsh government policy. But times have changed, and are changing even more rapidly: with information society comes data retention, which translates to compulsory user tracability and administrator responsability. All over Europe, countries are adjusting their legal frameworks to enforce police access to logs, and sweep away Internet privacy. Server seizures & intrusions by officials, be they legal or not, have increased lately, and, among others, have targetted Indymedia & Inventati.

As users, we face the risk of our digital intimacy being revealed to authorities; but as administrators, we face direct repression if we refuse to comply, to log, to denounce - to become police assistants as we're expected to - now, sooner or later. Because our tech activism involves spreading voices so that they can't be shut by authorities, because providing alternative communication structures for our movements implies helping ourselves, as activists, to stay safe in the cyberworld, we can only refuse the emergence of such securitarian policy, nor can we ignore the risks we face acting accordingly.

There has yet been little mobilisation against those measures, and though all could directly be affected, most activists aren't aware of the situation, hence not ready to react if something bad happens. While independent servers have become crucial & sensitive hubs of our communication, there seems to be very little awareness of their importance, of the need for their defense & preservation. While we will easily mobilize to defend a common ressource such as a social centre threatened with eviction, how many will we be to fight a legal agression against our digital structures of communication?

reaction?

Isn't it time to address this underlying problem? How can we stress the importance of our structures of communication, raise awareness about their potential vulnerability, and, most importantly, build solidarity? The « digital struggles » focus within the PGA could be one such space for addressing these issues; it could allow us all - admins and users - to meet, share and build perspectives around our digital services & communities.

Furthermore, this could be a space for inter-server coordination, collective thought and experience-sharing around our technical developments & practices. Traditionnally, admin work is carried by a single techie, and it's hard to participate for anyone who's not an expert already; do we manage to organise differently? Lately, some collectives have implemented and tried out methods for administrating computer ressources collectively; how can we merge political concerns in our way of doing things and the practical need of keeping a machine running? Etc.

So much for proposals. As of now, a few individuals from squat.net, poivron.org, no-log.org, boum.org, indymedia.org have announced their participation, a presentation of metche [2] is expected (metche is a program designed to ease team work on a server, developped by the boum.org collective), as well as a tor workshop. The rest depends on further contributions & answers to this invitation. Please send reactions to stamp-ds@pgaconference.org !

on "PGA"

PGA is an international anti-authoritarian & anti-capitalist network, whose principles are defined within the "PGA Hallmarks" [3]. Every two years, the European PGA conference allows a number of activists from various collectives across Europe to meet, have fun, share experiences & strategies, build affinities, organise campaigns & prepare actions. This year, the conference is facilitated by the STAMP collective, a coalition of diverse activist types from all around France.

For the first time, the conference will take place in a decentralized fashion: the first part will be distributed over 5 sites (Lyon, Toulouse, Limousin, Frayssinous, Dijon), each simultaneously hosting discussions on specific subjects, from August 19th to August 28th; the second part will bring participants altogether in Dijon, from August 30th to September 3rd, after two days off for travelling & chilling-out.

The « digital struggles » focus [4] will take place in Dijon, during the first - decentralized - conference moment. It will be hosted by « Les Tanneries » [5], an anarchist social centre, squatted since 1998, home of the PRINT hacklab [6], among miscellaneous other projects. Other main local topics will include « defense & preservation of autonomous spaces » [7] « when streets are burning: accounts & perspectives on unrest in France, spring 2006; challenging the ghettoisation of radical struggles » [8].

[1] http://pgaconference.org/ - http://stamp.poivron.org/ - http://www.agp.org/

[2] https://poivron.org/dev/metche

[3] http://www.nadir.org/nadir/initiativ/agp/free/pga/hallm.htm

[4] http://stamp.poivron.org/DigitalStruggles

[5] http://squat.net/tanneries/

[6] http://print.squat.net/

[7] http://stamp.poivron.org/EspacesAutonomes

[8] http://stamp.poivron.org/WhenStreetsAreBurning


[fr] défendre nos espaces d'autonomie numériques

introduction

Voici un appel à participer à un moment de rencontre et de réflexion collective autour de "la défense des serveurs autonomes et structures de communication alternatives". Ce, dans le cadre du thème « luttes numériques » des rencontres européennes de l'Action Mondiale des Peuples (AMP) [1]. Celui-ci se tiendra à l'Espace autogéré des Tanneries de Dijon, entre le 19 et le 28 août prochain, les rencontres dans leur entier se poursuivant jusqu'au 3 septembre 2006. Pour plus d'infos sur l'AMP et la conférence européenne de cet été, lisez la fin de ce message et suivez les liens mentionnés.

La présente invitation est adressée aux admins des serveurs suivants: squat.net, inventati.org, ecn.org, sindominio.net, nadir.org, so36.net, domainepublic.net, nodo50.org, boum.org, poivron.org, moviments.net, no-log.org, samizdat.net, tuxic.nl, altern.org, aktivix.org, riseup.net, resist.ca, et quelques autres. La mise en place de cet espace de discussion et son ampleur seront fonction des retours générés par cet appel. En conséquence, manifestez-vous, que vous puissiez ou non participer, que vous ayez des propositions ou que vous soyez simplement intéressé·e·s!

En bref, ce moment a pour objectif de nous rassembler, en tant qu'administrateurs & administratrices de serveurs alternatifs & activistes, pour partager nos expériences & évoquer nos situations spécifiques; pour faire le point sur les problèmes communs, notamment légaux, auxquels nous sommes, allons, ou risquons d'être confrontés; pour envisager des stratégies, et, potentiellement, s'organiser. Il entend permettre, ensuite, une rencontre entre celleux qui, dans le milieu activiste, fournissent des services numériques, et celleux qui les utilisent, afin d'envisager comment faire face ensemble aux possibles répressions numériques à venir.

Explication plus détaillée, ci-dessous:

contexte

En quelques années, l'internet est devenu un outil majeur pour bien des acteurs des mouvances politiques radicales. Son utilisation aura grandement participé à l'organisation de journées mondiales d'actions & d'évènements décentralisées; à la mise en réseau & à l'interconnexion d'initiatives, d'affinités; à la communication & à la coordination internationales. Son appropriation aura contribué à la dissémination de nos contenus, facilité l'écriture collaborative & l'échange de savoirs, donné de la visibilité à nos dissidences, permi l'émergence d'Indymedia, de radios indépendantes, entre autres initiatives de contre-information. Aujourd'hui, nombreuses sont donc nos initiatives à en dépendre.

En tant qu'anargeeks, hackers engagé·e·s, tech-activistes, admins autonomes, squatteureuses-à-clavier... nous avons souvent directement participé de cette évolution, explorant des usages alternatifs des technologies, promouvant l'utilisation de logiciels libres, partageant des savoirs avec passion, installant & administrant des serveurs pour la révolution. Nous avons vu (la plupart de) nos ami·e·s quitter hotmail, https gagner en popularité, et de plus en plus d'adresses de groupes, de listes de projets, de sites de campagnes d'action... abrité·e·s par nos machines, au lieu d'alimenter les entreprises spécialisées.

problème

Internet a longtemps été un espace de relative sécurité, exempt de fléau légal majeur. Mais les temps ont changé, et changent de plus en plus rapidemment: la société de l'information s'accompagne de mesures de rétention, pour faciliter la répression: conservation des données, traçabilité de l'utilisateur, responsabilité de l'administrateur. Dans toute l'Europe, les gouvernements ajustent leur lois pour imposer l'accès aux journeaux système par les autorités, et balayer de l'internet l'idée de vie privée. Qu'elles soient légales ou non, les intrusions policières et saisies de serveurs ont augmenté; Indymedia & inventati y ont récemment goûté.

En tant qu'utilisateurs & utilisatrices, nous risquons de voir notre intimité numérique livrée aux autorités; en tant qu'administrateurs & administratrices, c'est à une répression directe que nous nous exposons, si nous refusons d'obéir, de loguer, de dénoncer - bref, de devenir auxiliaires de police, comme il nous l'est demandé, dès aujourd'hui dans quelques pays, demain pour certains. Parce qu'il en va de notre activisme, en ce qu'il consiste à diffuser des voix afin qu'elles ne puissent être mises sous silence par quelque autorité; parce qu'il en va de notre responsabilité, en tant que structures de communication pour nos mouvements, d'en assurer la sécurité... nous ne pouvons que refuser de telles mesures sécuritaires, tout comme nous ne pouvons ignorer les risques impliqués.

Jusqu'à lors, la mobilisation contre ces mesures a été faible. Bien que tou·te·s puissent être directement affecté·e·s, la plupart des activistes ignorent tout de la situation, et sont donc peu susceptibles de réagir si quelque chose arrive. Alors que les serveurs indépendants sont devenus des noeuds sensibles de notre communication, il semble que la conscience collective de leur importance et de la nécessité à les défendre fasse cruelement défaut. S'il est relativement facile de (se) mobiliser pour défendre certaines ressources collectives communément perçues comme essentielles, comme, par exemple, un centre social menacé d'expulsion, combien serons-nous, quand il faudra résister à une agression légale contre nos structures de communication?

réaction?

N'est-il pas temps de s'attaquer à ce problème de fond? Comment souligner l'importance de nos outils de communication, faciliter la prise de conscience de leur vulnérabilité potentielle, et, comment, surtout, construire des solidarités? Le thème « luttes numériques » des rencontres de l'AMP pourrait être un espace pour aborder ces questions, et nous permettre à tou·te·s - admins & utilisa{teurs,trices} - de nous rencontrer, de partager et faire émerger des perspectives autour de nos services & communautés numériques.

Qui est plus est, ce pourrait être l'occasion d'une coordination entre serveurs, de moments de réflexion collective et d'échange de savoirs autour de nos pratiques & développements techniques. Traditionnellement, le travail d'administration système est le fait d'un geek isolé, sans qu'il soit possible de participer pour quiconque n'est pas déjà expert en la matière; parvenons-nous à nous organiser autrement? Récemment, des collectifs ont expérimenté des méthodes d'administration collectives de ressources informatiques; comment pouvons nous articuler préoccupation politique dans la manière de faire, et impératif pratique dans le maintien d'un service? Etc.

Voilà pour les propositions. D'ores et déjà, quelques individus impliqués dans des projets comme squat.net, no-log.org, boum.org, indymedia.org ont annoncé leur participation. Une présentation de metche [2] est programmée (metche est un programme facilitant le travail d'équipe sur un serveur, développé par le collectif boum.org), ainsi qu'un atelier sur "tor". Le reste dépend des contributions & réponses à cette invitation. Merci d'envoyer vos réactions à stamp-ds@pgaconference.org !

PGA?

PGA est un réseau international anti-authoritaire et anticapitaliste, dont les principes sont définis par une charte appelée "Hallmarks" [3]. Tous les deux ans, la conférence européenne de l'AMP permet à des activistes de divers collectifs de toute l'Europe de se retrouver, de passer du bon temps, de partager expériences & stratégies, de nourrir & créer des affinités, d'organiser des campagnes & de préparer des actions. Cette année, la conférence est facilitée par le collectif STAMP, regroupement d'activistes variés de toute la France et au delà.

Pour la première fois, la conférence se déroulera de façon décentralisée: la première partie rera répartie sur 5 lieux (Lyon, Toulouse, Limousin, Frayssinous, Dijon), chacun explorant des thèmes spécifiques en simultané, du 19 au 28 août; la seconde partie permettra de rassembler les participant·e·s en un même lieu, à Dijon, du 30 août au 3 septembre, après deux jours de pause, voyage & détente.

Le thème « luttes numériques » [4] se déroulera pendant le moment décentralisé de la conférence, à « l'espace autogéré des Tanneries » [5] de Dijon, un centre social anarchiste, occupé depuis 1998. Le lieu héberge notamment le hacklab PRINT [6], entre autres projets divers & variés. Outre « luttes numériques », seront abordés en profondeur lors du moment décentralisé dijonnais: « défense & préservation des espaces d'autonomie » [7], et « quand ça pète: retours & perspectives sur le printemps français; dépasser la ghettoisation des luttes radicales » [8].

liens

[1] http://pgaconference.org/ - http://stamp.poivron.org/ - http://www.agp.org/

[2] https://poivron.org/dev/metche

[3] http://www.nadir.org/nadir/initiativ/agp/free/pga/hallm.htm

[4] http://stamp.poivron.org/DigitalStruggles

[5] http://squat.net/tanneries/

[6] http://print.squat.net/

[7] http://stamp.poivron.org/EspacesAutonomes

[8] http://stamp.poivron.org/WhenStreetsAreBurning

[es] defender nuestros espacios digitales de autonomia

proximamente disponible

STAMP: DigitalStruggles/ServerDefense (dernière édition le 2008-12-19 19:00:02 par anonyme)